8 mars: Journée internationale des droits des femmes

Il est devenu désormais une tradition de faire un bilan annuel de la situation des femmes en Haïti, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Le 8 mars est une journée de l’engagement et d’invitation à l’engagement en faveur de l’égalité et l’équité de genre. C’est une journée pour dire non aux violences faites aux femmes. C’est aussi une journée de propositions et d’actions.

Les inégalités économiques, politiques, sociales et culturelles entre hommes et femmes dans notre société sont injustes et injustifiables. Dans notre pays, nous rencontrons les femmes dans tous les secteurs d’activités de l’économie. Elles y jouent un rôle déterminant. Cependant, force est de constater qu’elles sont souvent exclues et marginalisées dans les postes décisionnels, à tous les niveaux et dans tous les secteurs d’activités.

En attendant les élections législatives partielles qui doivent avoir lieu le 24 avril 2016, suivant l’Accord du 05 février 2016, la 50ème Législature ne comprend aucune femme. Cette situation doit préoccuper au plus haut niveau tous les acteurs politiques et les démocrates de notre pays. Il n’est pas normal, compte tenu du rôle prépondérant du parlement dans notre démocratie, qu’il n’y ait aucune présence féminine.

Or la Constitution en son article 17.1 stipule que « Le principe du quota de 30 % de femmes est reconnu à tous les niveaux de la vie nationale, notamment dans les services publics. » Le Décret électoral de 2015 introduit des incitatifs aux partis ou groupements politiques qui respectent cette disposition constitutionnelle en faveur l’égalité entre les filles et les fils de la Nation.

Hélas, nous n’avons pas obtenu les résultats escomptés. Il nous faut alors questionner l’efficacité du dispositif utilisé. Pour ma part, je crois que l’inégalités entre hommes et femmes étant ancrée dans les structures mêmes de la société, il ne suffira pas d’envoyer 30 % de candidates aux élections pour arriver à remplir effectivement le quota constitutionnel.

C’est pourquoi en tant que candidat à la présidence, moi Jovenel Moïse, « Nèg Bannann Nan », si le peuple me fait confiance, je prendrai des mesures pour qu’à chaque cycle électoral 30 % des circonscriptions, choisies de manière aléatoire, soient réservées à des candidates.

C’est à mon sens, compte tenu de l’état actuel des choses, la seule façon de parvenir au respect de l’article 17.1 de la Constitution.

La journée internationale des femmes de 2016 est célébrée autour du thème « Planète 50-50 d’ici 2030 : Franchissons le pas pour l’égalité des sexes ». Pour parvenir à cet objectif de parité entre hommes et femmes, il faut des actions énergiques et graduelles. C’est ce que nous proposons.

Aujourd’hui je dis merci aux femmes de mon pays pour leur courage, leur détermination et leur rôle central dans la vie quotidienne de tout un chacun. Je remercie mon épouse, Martine, sans qui je n’aurais pas pu être Jovenel Moïse, « Nèg Bannann Nan ».

Je félicite toutes celles et tous ceux qui se sont engagé-e-s, corps et âmes, pour la défense des droits des femmes. M’ap di nou kenbe rèd, pa moli. Le chemin qui reste à parcourir est long. Les résistances sont encore féroces. Les motifs de découragement sont multiples.

C’est ensemble, avec le concours des 48% d’hommes et de 52% de femmes qui composent notre société, que nous pourrons édifier une société haïtienne sécuritaire, plus juste, équitable et respectueuse des droits politiques, économiques, sociaux et culturels de tout un chacun, par delà les considérations de sexe.

Que cette journée soit l’occasion de permettre à chacune, chacun d’entre nous de comprendre que les inégalités basées sur le genre sont absurdes et injustifiables !

Merci à toutes. Merci à tous.
Jovenel Moïse, « Nèg Bannann Nan », Candidat à la Présidence.